19/09/2006

L'effondrement du temps - extraits (3)

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 UN JOUR EST ÉGAL À TOUS LES JOURS :

LA LANGUE DE L’ŒIL DANS LE MUR DU TEMPS


        « Réaliser », « mettre-en-scène », « tourner » et « monter » un film, ou comment laisser se produire un microcosme du mouvant de la vie devant l’œil-écoute-caméra : cela requiert une immense patience, patience de l’attention intensive du Vivant concentré par la coïncidence magique d’intérêts pluriels et contradictoires, explicites et secrets. Car laisser activement se produire le jaillissement créateur du silence moteur, c’est laisser se condenser le monde devant l’œil-écoute d’une caméra numérique, ou bien utiliser la pellicule argentique comme un réceptacle de cristallisation des sels où, photogramme après photogramme, viennent s’in-former les états matériels de la lumière qu’on nomme ses formes-couleurs. Nous utilisons ces deux supports techniques d’enregistrement et de projection, car nous avons découvert que nos vies mêmes sont les formes figurantes de l’abstraction de la lumière blanche qui, tel un diamant, se pro-jette et se condense pour se feuiller en forces-couleurs jusqu’au noir.

        Les pratiques cinématographiques, plastiques et littéraires, sont autant de moyens de nous laisser perforer, pénétrer, pour ouvrir à des expériences-limites/hors limites qui ébranlent jusqu’à la primauté de la jouissance sexuelle éphémère.

        Il y a pour nous une expérience de la lumière qui se dégage des états psychiques du cosmos. Ainsi ne versons-nous pas dans le réductionnisme bio-psychique des neurosciences en vogue, mais, tel le peintre devant la nature, nous voyons que tous les états de l’humain, multiples et contradictoires, sont l’expression de la ré-pression ou dé-pression d’une chimie des états de la lumière, qui se concentre en diverses densités de structure du diamant prismatique. Pour l’Œil de cette vision, la forme humaine est une formation, une projection cinématographique de la chimie des matériaux de la lumière que la p(a)nsée réfléchit en images-mots selon son mode mural de di-vision tragique.

  

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        Cinécrire maintenant dans la préparation du cadre, de la page, pour un plan, une phrase comme pour le mouvement d’un pinceau par la main, d’une portée musicale dans son écoulement… Quel que soit le médium d’ex-pression, nous sommes respirés par le rythme du souffle dans le regard qui vise le support, le rapport à l’établi —

        Je suis seul (peuplé ?) dans le mouvant du regard de l’attention, de l’intention de la vie par le souffle — seul — du moins en appren-tissage ? — dans le stylo qui grave, sur la page, des signes de la langue inscrite — déjà ! — à l’œilleton de la caméra, dans les poils du pinceau, du burin, ou de toute autre pratique artistique

        . c’est maintenant que seul tu lis et vois, littéralement et dans aucun des sens, ce-qui-là est en train de se tourner –

 

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à suivre >---