28/04/2008

extraits de la vidéo "l'expérience nUe"

 

"l'expérience nUe - 1", entretien avec aurélien réal (première partie)


La terre se réchauffe à un rythme «insoutenable» (rapport officiel du gouvernement britannique, 2006).
Dans un appartement de banlieue, aujourd'hui, un homme devenu d'une extrême sensitivité, asphyxie sous la brûlure des gaz d'un incinérateur.
Parti d'un lieu commun, de très loin, le mystère-là de la douleur s'est dit poète -- et non «poème», car cet écrit n'est pas une trace mais un acte, indéfiniment renouvelé, vierge, jusqu'à cette pureté d'émergence, le chant souverain du mouvement sans bords dans l'abandon consenti : une neige de soleil.

 http://www.legrandsouffle.com/livres_en.html

01/10/2005

Notes sur le cinématographe - 2

Rejeter ou louer le cinématographe laisse rarement la place à l'évidence de son expérience la plus décisive, mais la moins observée et avouée par nos critiques. Ce qui nous importe dans nos vies par les événements ou les médias culturels et artistiques, n'est-ce pas ce qui secrètement sécrète l'expérience singulière la plus partagée ?
Devant le mouvement des images et des sons, dans la nuit d'une salle de cinéma, ne serait-ce pas cette sensation solitaire d'éprouver - par les perceptions que sont la vue et l'ouïe - toutes les autres gammes de perceptions psycho-sensorielles qui se déclenchent à partir de l'espace-temps du film ?
Une opportunité, mais bien plus l'évidence, que le cinéma représente l'activité mentale dans laquelle nous dénions...

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Les yeux sont les fenêtres de l'oeil

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Matrix, Usual Suspects, Memento, Vanilla Sky, Cypher, Cube, Fight Club, Rencontre avec Joe Black, L'effet Papillon, Un Jour sans Fin... Autant de films produits par Hollywood qui, ces dernières années, auront approché la question de la mémoire avec son corrolaire, la question de la réalité et de la fiction. Mais plus audacieusement, avec Matrix, nous sommes invités à une méditation métaphysique au coeur même de ce qu'est la trame fictionnelle de nos vies par l'intermédiaire de la "matrix", ou la matrice qui conditionne le monde...
Quand la production —— d'illusions —— hollywoodienne en vient à interroger l'illusion elle-même par le truchement de la question : "qu'est-ce que la réalité ?", nous arrivons à un moment historial du questionnement même de la réalité de la représentation.

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"Un jour est égal à tous les jours" est un film qui pénètre et brûle la question hollywoodienne.

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Le cinématographe est la langue visuelle et auditive qui se décline dans tous ses dialectes possibles... grammaire de la métaphore de notre pensée métaphorique. Une métaphore de et pour ? Qu'est-ce qu'imagine l'image ? Qu'est-ce que sonorise le son ? Et... "qu'est-ce que", est-ce vraiment la question ? Les images et les sons dans leur tressage filmique mettent en scène ce qui, en nous, est en selle, voire sous le sceau... Espace-temps des formes-sujets du sujet ? de quel sujet ? Espace-temps objectivant, objectif, de quel objet ? L'espace-temps des formes-couleurs de "l'aller-vers" du désir... Les formes-couleurs devant nos yeux projetées sur la toile blanche des salles de la nuit sont l'émouvant mouvement métaphorique du désir comme amphore au for — — de nos remparts et emprises de non-vu non-dit que le film, avec ses images et ses sons comme acupuncture inattendue vient piquer, là, dans le noeud où les mots et les images sont l'enceinte de la vie enclose : bouillonnement d'incendie inouïe qu'insoupçonne la raison du désir !
(Le cinématographe est une grammaire des sangles de vues de la pensée que porte la lumière dans son torrent de photons où la représentation se la joue, fait son cinoche séparé et autonome d'elle.)

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La mémoire : ce qui ne se souvient pas !
Se souvenir, ne serait-ce pas appeler ce qui n'a jamais été ou sera
(souvenir de la lumière qui brûle l'image en mouvement dans la visée de son élan

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(assis, immobilisé, dans le fauteuil pourpre, sans pouvoir bouger le corps, juste ajusté dans la vision du flux du respir
lavé, nu, dans l'indécence même de la vulnérabilité, de la porosité sans peur
étranges correspondances ou viennent sonner en des lieux insoupçonnables de la psyché certains films
saveur de suspension blanc de l'écran
témoin des flux et courants de la vie lorsque les pieds du corps sur le pavé semblent marcher sans marcher ou le bitume est un tapis roulant où défilent les images et les sons de nos vies circonstancielles circoncision du prépuce (espace-temps !) laissant comme laisse l'homme sans qualité spectateur du spectral spectacle des configurations et conflagrations du spectre des couleurs et des sons que l'on appelle habituellement : la vie
là, quand le mystère opératif d'un film (l'art) vous rend à ce
témoin (du film de l'espace-temps) — réalisons autrement qu'acteur collé dans le film de la pensée-monde intronisés d'évidence sans l'avoir vu venir dans l'art royal de se disparaître)

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30/09/2005

Notes sur le cinématographe - 1

Les frères Lumière portaient bien leur nom ! Ce ne sont pas tant les images qu'ils ont découvert mais le projecteur et le fait projeté : la lumière ! Il n'y a pas d'image sans lumière, mais il y a selon nous la lumière sans image.

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Le mouvement est la lumière dans et entre les images et les sons. La pratique de la caméra peut, par notre concentration dans l'oeil, nous rendre sensibles à pénétrer l'image jusqu'à ce qui la fonde, c'est-à-dire la fronde des photons qui informent le déplacement des lignes...

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La psyché est structurée telle une grammaire d'images et de mots, c'est pourquoi le cinéma est une affaire politique de la re-présentation pour orienter, manipuler les rêves manipulant la psyché mondiale. Ce qui s'appelle se faire son cinoche ! Garder sous hypnose pour la mort du peuple, c'est aiguiser son désir dans une complexité d'histoire que seule la mémoire et son trauma s'ingénient à entretenir. Hollywood, mais aussi toute l'industrie mondiale, est l'immense laboratoire qui permet de mieux convaincre le rêveur que son rêve est la réalité. Or, chaque jour aux sorties de nos nuits, nous pouvons expérimenter que nous nous réveillons hors des rêves... Tandis que l'art de la poiésis cinématographique se fait science-de-la-vision en connaissance de cause des différents modes de structuration des images et des mots. De cette connaissance des modes, le poète du cinématographe produit un film susceptible de nous réveiller et de nous déprendre des rêves diurnes. Pour cela, le cinéaste et le spectateur doivent se laisser faire voyants et non penseurs !

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Le cinématographe comme art de l'esprit : ses états de métaphore, de trans-port. Oui l'image et le son en tant que barque pour l'aveugle qui vogue sur le mouvement de la distance à parcourir... ? Laisser la barque de la métaphore en pleine mer, et ne vous voilà t'y pas en pleine lumière ?!

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Un art du temps, le cinématographe ? Non, un art du mouvement. car le commun confond le temps de la pensée de l'image et du son — et donc de la mémoire — avec la puissance de l'écoulement du mouvement qui est simple sensation. Sensation sans images et sans mot, me direz-vous ? Selon nous l'image et le mot seraient une capture de la pensée du mouvement dont la poiésis peut dire qu'elle se déprend.

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Le cinématographe peut être un rituel de passage des yeux à l'oeil, de narcisse à l'eau sans mirage !

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