19/12/2004
Fragments des é-cris du corps - 1
ville
billes d'organes roulant et rouillant à fond de nerfs de désir bouillonnant du brouillon des captations prédatrices à tout va et vient. la masse des machines à voiture crachant leurs gaz qui attaquent nos globes-yeux, nos tuyaux de gorges, nos poumons poussifs. immeubles sur immeubles qui meublent le vide et arrêtent nos perceptions aux immédiates certitudes d'agrégats solides, mais aussi les images et la magie des images à pub d'entube ! bruits et bruissements cataclysmiques des odeurs sonores en rap des peaux succulentes friandises effroyables au détour des passe-passes du quotidien offensif - et cette masse océanique de ces corps de finitude dans l'infirme bouillon où la vie s'esquive et s'esquisse au fusain du rapt de la rupture que gouaches et huiles ou pastels des étoffes n'est que plus le noir - cette nuit des corps qu'habille le sybillin armé de nos angoisses infondées en projection d'assomoir sur chaque paquet de nerfs en habits d'humains broyés dans la machine à désirer avaler ces corps d'un décor...
vile
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Nature, campagne, l'animal... La nature dans tous ses états et éclats d'agonie que d'aucuns ne pourraient en éluder l'alerte et l'alarme qu'offre de nous ce miroir où la nature à je-noux se meurt. Nous ne sommes plus à l'heure de l'agression psychique mais convoqués mondialement à être des corps poussés dans la grande industrie du travail, de la douleur... Il se peut bien qu'aucun responsable autre que nous ne puisse prendre contact avec l'inéluctable où notre corps est plongé - Nous sommes le monde !
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L'histoire des civilisations, ne serait-ce point l'histoire familiale de nos vies où le pouvoir de chacun tente de coloniser et vampiriser l'énergie de tous les autres ? De cette possible évidence, tout pouvoir, qu'il soit familial, culturel, philosophique, scientifique, politique, etc. ne peut aboutir en somme qu'à la sur-détermination de l'aliénation et du meurtre... Notre époque illustre à l'excellence ce qui jadis aurait pu paraître pour...
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Le meurtre est la jouissance du plus grand nombre et de sa minorité, malgré son déni par la morale... Si nous nous accordions à voir ce fait, il y aurait peut-être bien un pas décisif dans ce qui, au coeur de cette jouissance inavouée et secrète, cache cette capacité à recevoir le don surabondant qui délivre la main armée. Il se peut que la vie de nous — morts vivants ! — soit les larmes de la larve en cours de
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(à cet homme des pays chauds à la peau couleur charbon qui, ce matin-là dans le métro, me fit entendre la voix de l'insupportable en nous tous : "c'est trop de misère, trop de souffrance sur la terre !". Dans la limite de son éprouvé, cet homme faisait son possible pour ne pas...)
Enfant, c'est dans ce même métro que je pris contact avec mon devenir-souffrance. C'est là que commença la méditation opérative dans l'odeur de la foule pestilentielle de la race du souffrir... Au coeur de ce contact avec la souffrance en devenir, la peur du temps, mais aussi au coeur du temps de la peur, l'appel de la lueur.
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Au coeur du "mal", l'impuissance et l'abandon !... mais aussi et surtout ce possible goût de vide crémeux onctuant espace d'espèce qui outrepasse le trépas.
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