04/10/2005

2 - De l'école à la voie d'écri(t)

E-cri-re aura eu lieu comme – non, pas comme ! - Acte sur-prenant la voix impossible où le langage est encagé dans le réseau du désir et de la peur : “moi” (insondé, non vu !?) et “l'autre” (projection, insondé, non-vu ?!), en miroir déformant, en-diguent le cri et, craie dans le limon, l'enfoui.
Cet apprentissage de lire et écrire deviendra imperceptiblement le miracle qu'aucun n'aurait pu imaginer, car nécessaire!
Surgissement de l'intelligence d'un cœur con-vocable.
De l'éprouvé du désespoir et de l'impasse dans la trame du “moi-monde” qui nous faconde chaque seconde, écrire devient l'Acte irrépressible du cri qui s'écrit dans l'inconnu du connu et l'inconnu d'inconnaissable... ?
Oui - cet acte du oui initial-initiant du stylo au graphisme des lettres, pour le mot et la phrase et le texte sur le papier de l'arbre fait - oui fait qu'advient la sensation du souffle rythmant les états du nécessaire dé-crasse-ment, où le vocable vient - la voix ! - le cri de ce-qui-aime-se-dire impérativement sans aucun souci d'être lu ou de faire littérature. Oui littéralement c'est, de cet apprentissage, la possibilité de s'éprouver inconnu au nœud de la croyance du “moi” se pensant “moi” et que, de “moi” à “l'autre”, l'oralité ne féconde pas, ou si rarement ! Cri, crise de l'isolé dans la multitude des corps qu'ordonne la pensée dans le réseau du connu, reconnu en automatique ! non vu. Ah ! qu'il est puissant de laisser alors l'impératif du dire fouiller ainsi à l'écart des écartèlements, où les “moi” s'esquivent s'esquintent se convoitent, se désirent se menacent, où plaisir et déplaisir se succèdent dans - dans ? - si dehors, extérieurs au possible qu'alors s'entend le virement violent de l'exil et que les yeux d'outre... que les yeux s'écrasent dans le mauve des nuages incendiés. Ainsi. Ainsi s'en est-il allé de la ténèbre du savoir même, l'école et l'outil d'aucun frottement des silex ! Ecrire : premier pas de la civilisation afin de nous extraire potentiellement - malgré et contre “elle” - du diktat de l'oralité, où l'autre est l'autoritaire interdisant aux mots d’être pour la voix(e), les livrant au grégaire, réseau de la sous-vie où la base instinctive de la pensée des formes cherche à se maintenir telle qu’elle. Aussi se défaire - seul celui qui souffrira vraiment ! - de l'aliénation aux “textes sacrés”, “révélations”, “préceptes”... “raison” de “la science”,“ folie”, de tout héritage littéraire... de
Oui cet Acte aura été l'Acte vraiment neuf de tous ces premiers pas au pays de la Terre. Ecrire : espace solitaire du décisif, de l'effraction dans le mur du savoir-faire et même du savoir lire et écrire. Acte d'émancipation de ce qui encage “sa” voix, singularité de l'instant qui doit se dire sans référence, ou, irrévérencieusement, ne se laisser im-pressionner plus longtemps par aucun héritage familial, voire de civilisation terrestre et pourquoi pas cosmique !
Ecrire c'est aussi ce possible affranchissement douloureux au sein de la langue ; dans le mouvement d'écrire éprouver l'aliénation de la mémoire - la pensée, en fait, qui se fait grésillement de mots-et-images, la pensée, ce “fait” qui va de soi-même et pourtant !
Pourtant écrire aura été, est le flash de comment se façonne en la grammaire des images et des mots l'emprisonnement dans la fascination du sujet pour l'objet. Les strates de la grammaire de l'encagement sont les menottes des significations dans chaque mot. Oui chaque mot est éprouvant, l'épreuve de qu'est-ce que “je dis” de qui je me paie “la tête” des mots ! - c'est alors, célérité, la plongée dans la prison des sens, des significations de la pensée sur la pensée, de la mémoire, du savoir, la blessure, le désir, le manque, plaisir et déplaisir - et qui-quoi ? Ô ça hurle ! ça hurle là-dedans ! et tous les textes sacrés, théologies, philosophies, sciences, culture - tout le savoir d'homme se fait cage asphyxiante - tout du cri est là ! dans l'asphyxie à la limite de tout apprentissage humain. L'intellect comme le cœur ou le sexe - rien ne RÉPOND ! C'est Là, là qu'Acte viole l'interdit qui n'aura été qu'un moment où l'univers - ? - se révolte puis se re-cueille. E-crire, n'est-ce pas alors l'aube - où les mots, trempés de significations - sensure ! - de la censure des sens, cherchent, poussent au sens - mais pas un sens que “je sais”, non... pas Le SENS même des docteurs du savoir du sens - non, rien de tout ce qui aura été certain ! Acte violent contre les significations ! ébranlées !!! – voir(e) l'outrage du “soi-l'autre”! - jusqu'à ce vertige où les significations vacillent, se perdent dans le vertige du solitaire - vestiges d'elles ! - s'épousant inconnu - hurleuses d'insensé ! mais… emportées par la puissance, les significations de la pensée sont précipitées au précis de l'impensable : NON-SAVOIR - ça ne se sait pas ne-se-sait... juste deux mots dans ce risque à la limite des significations et du sens : folie-sérénité.

Folie : surabondance des significations du “moi-pensée” menacé par le vide-de-l'Acte !
Sérénité : surabondance du vide de l'Acte qui fait lumière ! De l'école du savoir à la voie du “non-savoir” il y a la marche sans chemin du langage de l'Acte.
Ô du Silence s'abreuve
ce qui est l'effacement - au désert des traces
l'excessive lumière !



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30/09/2005

1 - Ce qui désire-et-dénie se dire

Qu’ai-je à te, à vous dire oralement, si ce n’est ce qui dans l’instant de la rencontre de l’autre rend compte ? rend contre ? rend conte ? rendez-vous ? me rendre conte…
L’Oralité : les mots qui de la chair du souffle s’exhalent, telle la vapeur d’eau du dedans/dehors-rencontre de la chair des mots bruissant au-dehors vers toi-vous, vers. Ce versant alors de la langue par les lèvres que le souffle souffle — à l’oreille, au tympan, à l’écoute. L’écoute ? entendre ? se com-prendre ? Ah ! l’oralité, quand les mots, cris et gémissements du souffle de – se sortent de ce lieu du “moi-chair” qui se dit, informe, reçoit et comprend ou mal-entend ? mal-dit ?
Vaste possible des possibles de l’oralité ! L’Oralité, ce peut être se parler à haute voix, donner la voix, s’entendre dire. Oui parler, laisser ce que la voix des mots de son souffle, de sa vie veut “quelque part” entendre dire. Parler pour formuler, donner formes verbales aux sensations. Impressions, idées qui désirent ? veulent ? doivent ? - dire ?
Nous sommes de ces lieux qui ont nécessité de discuter comme de manger dormir copuler… Mais DIRE ?
Cependant, ce qui caractérise la vie humaine au quotidien, n’est-ce pas depuis notre naissance le “non-dit” oral ? Si nous avons appris à parler, nous avons surtout subi le bruissement ( ?) le bruit des mots de l’autoritarisme de “nos proches” ? “re-proches” ? avons donné “notre langue-au-chat” plus que parlé, dit par notre langue. Et quand nous donnons notre langue, si nous sommes attentifs, à l’écoute de nos mots, ne sont-ce pas les maux de tous qui nous traversent ?Ne sommes-nous pas traversés de ce “savoir anal”-véhicule de l’interdit de dire autre-chose autre-ment que l’entendu-déjà ? C’est plus ainsi que je-nous vis au quotidien, au pays généralisé du cancer du “non-dire” !
L’Oralité ! L’Or-alité : là l’Or du dire cherchant à s’extraire du lit de la pensée-souffrance, à sortir érigé de la lie des mots - aller à l’aurêka !
L’Oralité, donc, comme convention des informations du désir, du rendu de plaisir/déplaisir ? Commerce psychique ? biologique ? ni plus ni moins la pensée instinctive, convenue, des gémissements civilisés de la bête ?
Constat dans nos vies du matin au soir ; le si peur de dire oralement ce qui s’éprouve-épreuve, se prouve par la preuve du dire qui… sur-prend la suspension du “non-dire”, « non-dire » où, quelle que soit l’appartenance (sociale, raciale..), gît le nœud de la violence, du meurtre, ni plus ni moins ! Quand dire entre nous, là, maintenant, engage la réponse qui délie, délivre du poids de ce qui ne s’est “jamais” dit.
Mais qu’est-ce qui ne s’est jamais dit entre nous ? À bien re-garder, c’est-à-dire : à re-donner, c’est le don de dire ce “qui” retient. Aller à l’épreuve du “qui” de rétention nous montre prisonnier/geôlier-victime/bourreau…
Quand l’Or-alité du temps de nos sous-vies s’impose de tracer au diamant de l’urgence, du cri, l'écri dans l’air sans traces de l’espace… juste s’extraire vers toi-vous se donne ce qui nous retient dans ce qui se dérobe, et nous fait re-lation, latence, lactance de nous soudain noyés dans une écriture des gestes : saisies-désaisies des empreintes et emprises psycho-physiques. “Comme si” la pensée qui ne s’oralise pas se tenait en retrait, faisant re-prise prison d’un son “non-dit”. Alors l’injure le parjure et toute la jurisprudence de notre infirmité collective à ne pas voir comment penser en retrait se garde, ne se-regarde-pas, ne se-pense-pas, ne-désire-pas, désire-ne-pas-penser-autrement-que dans les coursives bruyantes, boues, infections de nos isolements.
Oui : rayer la vitre de l’isolement par le diamant des cris dans la crise du “non-dit”, où se perpétue le temps du viol. Car la pensée ne fait-elle pas mémoire de pensée de viol, violence, déni contre. Contre “qui-quoi”, me direz-vous ?
Contre ce qui est l’émouvant mouvant du fait sans.
Impossible me direz-vous ?
Oui, j’entends toutes les phrases du désir-et-déni qui empèsent-empâtent nos bouches, nos trous de langues remplis des syntagmes du REFUS — car n’ai-je pas éprouvé dans l’Oralité depuis la naissance ces phrases toutes-fabriquées que tout le monde pense ? Comme si le monde n’était qu’un savoir des phrases du refus de dire, de s’entendre dire…
mais :
- Toute vérité n’est pas bonne à dire !
- Si la vérité est de dire ce qui se refuse, alors voilà l’éprouvé que j’éprouve de cette vérité !

Réaliser-que-de l’université du savoir à ses applications technologiques, jusqu’au troquet du coin où Pierre et Paulette boivent un “canon”, ça pense tout seul dans des milliards de corps la pensée du refus par les mêmes phrases : le refrain du refus !
Oui, l’Oralité est dangereuse pour ce “non-dit” – qui, si la parole veut se dire, est menacé qu’on lui arrache la langue, les dents, la bouche, le corps. Vous voici alors menacés de mort pour dénonciation du viol — VIOL ?
- oui
- mais qui viole qui-quoi ?
- la pensée se violant par l’acte-de-penser-en-puissance qui bouleverse les phrases toutes faites, prêtes-à-porter-à-dire-et-à-entendre. Non pas dire et entendre, non ! maugréer et “parle à mon cul ma tête est malade” — or : bouleverser les références intellectuelles les plus convaincues d’être les seules pensables. Quand, dans l’Oralité, vous êtes convoqués à dire ce que le monde-de-vous se refuse, c’est l’épreuve de face. C’est pourquoi la fillette qui se fait violer ne peut parler, car n’est-ce-pas toute la famille qui porte le supplice-du-refus, où le désir-de-penser de concert et le désir-de-pouvoir jouir de l’autre sont menacés ? C’est-à-dire : les sens du devenir de la pensée-instinctive-et-des-sommets-de-l’intellection ! Ce refus qui, de systèmes en anti-systèmes, fabrique le bouclage, éloigne par “transcendance”, ou par certitude d’“innocence”, d’une pensée-dans-la-vie-du-corps.
Quand ce “qui” étouffe dans la cage avec fond ou sans fond — fini ou infini —, quand l’asphyxie est telle qu’il y a EXPLOSION-du-CRI, alors :
là, seulement, nous sommes seuls, sans l’autorité extérieure des phrases-du-monde et, dans le chaos, la bouillie, l’extrême frustration, s’impose : écrire ! Écrire comme, ici, se pro-dit, se prodigue espace, où se trouent “les phrases” par la puissance de l’impossible — c’est tout autre que rendre ce possible du tâtonnement dans/hors les universités du savoir ou les troquets du coin..
Une plus grande solitude inaugure, s’augure. L’augural du guttural é-cri(t) de la Voie, ici.