31/05/2006
L'expérience nUe - extraits (1)
dans l’effondrement du temps de la douleur
le 20
(quatro c’est ma dimension c’est mon nom c’est moi-je de la fumée)
Sortir .
se défaire de l’appartement c’est s’habiller efficacement pour STOP se protéger STOP de l’agression de l’air aux composants tueurs . Selon ma sensibilité présente, je deviens…. non pas sensibilité mais sensitivité . Cette sensitivité STOP . La sensitivité à fleur ( ?) de peau . d’empoisonnement la fragilité se fait, et, devient brèche la béance d’une – STOP – d’une ?
« ce que nous appelons le monde n’est pas un monde, mais plusieurs mondes superposés. Ecorces de mondes, les unes par-dessus les autres, avec un fruit inconnu au centre. (…)
Le mot vie comprend aussi une diversité chaotique de processus contraires.
Il y a sans doute (…) »
je
s’ancrer (en) la sensation d’une extrêm’sensibilité préalable à la pénétration sortir / entrer dans la maison du mort-monde. expirer d’expier le souffle chargé de poison . , lignes diffuses mais lacérantes des formes de l’errance je suis— des couleurs ou / (mais aussi) des syllabes en mots que les phrases enlèvent jusqu’au bordant, le précipice. de l’expir (don(c)) sortir . Je m’habille . (ne pas inspirer) mais comment . STOP . déjà (je) n’arrive pas à dire ce…. comment je vis je . (erid) NON au DIT . NON-DIT . OMERTA . Noir-de-moi . Ce blanc du ciel ? ce gris des nuages ? la fumée de vaulx-le-pénil .
EXIL . Dire comment je sors pour aller faire quelques achats au pas de course et ne pas succomber, sous des milliards de tonnes d’air vicieux dans le vice de forme . dès-toujours-ne-pas-succomber. pourtant mourir (est) toujours en cours dans la naissance (naître-dans-le-mourir). depuis toujours le (corps) naît des vulves de la nuit rythmant l’expulse de la (matière) des rêves – J’ai le « diable » au corps, plasma amniotique d’ectoplasmes livides. J’ai peur. PEUR . STOP . sortir don(c). Je n’y arrive pas… Que les mots sortent ? ai-je d’eux l’angoisse de me livrer au blanc de la page ? la lumière . serait-ce les mots de la rage d’hannibal — des glaires de nuit qui - graines – craignent la poussée germinante dans les gencives du four ? son mordant de luminosité séchante? Je crains cette magie révélante au réverbe des sons isolés — larsen de mon épaisseur, aigreurs assassines penchées sur le monticule des pommes et poses acides . (j’entends la trompette aux sonorités mouillées qui inondent la maison)
m’apprêter à sortir et le dire . Affronter les gaz. Il me faudrait si — STOP — (je) n’étais pas lâche porter un masque à gaz . Oui un masque à gaz serait aujourd’hui la réponse pour survivre, ou alors Million de bébés allaités aux gaz de « blédine »… Mais . ô combien coûte de ne pas se voir vivre mourant dans le miroir . Réflexe de (moi-corps) avant de sortir, l’image d’un mirage vers l’autre étourdi . suis . je . un . beau . ca . cadavre . je . mens (snem)
« Je dors et ne dors pas, la nuit est devenue un fleuve impalpable, je suis dans les yeux de la nature, je vois avec son rythme, dans un demi-rêve éveillé. C’est une immense tapisserie vivante aussitôt détruite, recomposée, brûlée. Des ciels défilent et se transforment, de »
Je ne mettrai pas de masque – une écharpe. noM, un mouchoir imprégné d’huile essentielle – pour ne pas choquer les passants . L’ordre des ordures du sommeil de la masse informelle des robots du « j’vais comme j’te pousse » . STOP . mais aussi me dois-je d’inventer , à partir de lunettes de ski, un habitacle hermétique pour mes globes oculaires frappés par les métaux volants, météorites non-vues qui explosent les veinules et rougissent le blanc de l’œil. Ô blanc rougi à sang ! nos yeux : trop souvent le miroir — non du coeur — mais de l’arme atomique . (TCHERNOBYL) mon amour. STOP . je me surprends en train d’écrire ce que je ne pensais pas penser . mais sont-ce des pensées les mots, ou des vocables locatifs et vociférants ? vox en fer ! ou ?
(…) j’ai cessé de penser à l’expérience de Nietzsche autrement que comme à l’expérience de la pensée même. L’expérience de la pensée même, c’est-à-dire dès lors qu’on ne s’abstient pas de vivre la pensée – de la vivre perinde ac cadaver. »
je suis donc sorti ce matin dans la chaleur des 28° . Klaxons, ronflements des voitures, précipitation des pas . tôles et étoffes, bitume et arbres à oiseaux bouillis . la ville, bille en tête, m’obsède de mes ancêtres. Je renâcle. croiser des femmes attendrissantes dans leurs moulures de fesse aux gorges chaudes la vallée des seins et la bite qui s’enfle dans tous les virages je me branle contre un arbre et au croissant d’orgasme qu’ogre j’hume. beauté de pestilence et de pourriture je vois tomber les cheveux et les yeux les peaux en lambeaux. Limbes ensorcelantes ou abysses d’épidermes basanés et chocolat se répondent sur les étals, putes des rues où pissent les chiens égarés. l’organisme suffoque . IL NE PEUT PAS NE PEUT PLUS s’alimenter en air. De l’oxygène ! il ne reste qu’âcreté et acidité. (je) rase les murs qui m’écorchent de pubs les muscles sensitifs — ’observe des enfants chétifs dans des brouettes – que des mères traînent – se faire gazer par ces boîtes en métal où râpent les pulsions frénétiques du meurtre . du meurtre hurlent les radios ! ma protection est dérisoire et je glisse dans le flot des gazés en apnée… Quelques passants perçoivent mon comportement quelque peu étrange — paranoïaje — et s’en offusquent d’un regard torve d’une moue (r)éprouvante dont ils n’ont pas forcément (con)science . Ça se fabrique ! — une penséE dans un paquet de (ch’air) ça sait, par les jugements, se protéger de l’inconnu. Je suis le premier à le voir depuis que cet « asthme de la canicule » m’exile de la vie humaine. Àtravers les quelques contacts marchands, je note combien les gens sont amorphes, à la masse. Le REFUS de ce qui-est . NON .
(j’anamorphose en direct’les flux sataniques ! l’esprit chauffé en perte-cerveau(lent)
NON de l’homme, cet hoMme de nom dU nombre. NON est légion ! je le suis, et cet exil m’en fait perdre la tête . je menje man(je).*
Cette sortie pour des nourritures m’a épuisé et rendu la peau sèche, plus sèche, les muqueuses en feu, la gorge assoiffée sans qu’aucune eau ne puisse, aucun bonbon, l’adoucir . « Donc, silence. Le jour se lève, un beau jour d’hiver, ciel bleu et nuage de nacre, Ludi est pressée d’aller à ses rendez-vous, je me rendors un peu en tentant de retouver une trace de mon voyage, » Retrouver ce 100 m2, aux stores en plastique baissés pour me protéger du feu pourri de ce soleil, maintenant, car le chien de quatro car quatro le chien le canidé OBscène car sur la de ses fantasmes car monde en rut car mal poignant car pignolage s’effondre. énétrant de nouveau dans la chimie des chairs mentales du rouge et du plastique l'incinérateur gronde, drague, dragon, tarasque crache crache ses DIoxynes. lÀ dévorant institutionnellement près du jardin d’acclimatation « le soleil vert » . rouge rouge du cube acier les feSSes comme lieu d’épouvante je me c(r)ache je . plus tard j’irai cracher tout le sang des gencives et des poumons pour’irai cracher c(r)acher (me) vomir toute humanité en tête toute tripe à l’air toute couille en rut toute violence exaRcerbée dans l’insupportable impuissance du retour boomerang or
’e n’ai plus qu’à passer ma journée ni car dans l’enfermal et me laisser couler dans la soif d’outre-corps . (Je ne sais et ne comprends rien à ce que j’écris. C’est même contraire à tout ce que j’ai pensé et - jusqu’à ce jour . Je ne me reconnais pas . Ecrire me déshabille me déstabilise, opère une brèche dans le mur de la grammaire et du style du non-dit de l’intellectuel que j’étais. Décontaminer la langue par l’œil qui ouvre : par sa râturation sa râclure de gorge : la langue à la parole inhumée qu’il faille de faille en faillite exhumer, abandon au refus consentir dans la douleur et les larmes de l’endeuillé.
S’effeuille le savoir qui du noir explosant me repose au fixe du souffle-de-la-vision sans fibres nerveuses.)
* à votre attention : l’expérience m’aura imposé la destruction de l’orthographe, de la syntaxe et de la conjugaison afin de plonger dans le refus et le non-dit de la douleur, laissant ainsi la langue s’ouvrir à .
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30/05/2006
L'effondrement du temps - extraits (1)
« Et l’impensable est aussi un être qui un jour remplacera la pensée et vous y serez la toute première du côté où l’on enterre la pensée elle-même sous la matière de la pensée. »
L’homme a vu ses pensées traverser son cerveau. Et il les a regardées. D’habitude, il était ses pensées. Il était ce train qui n’en finit jamais d’arriver. Mais ce qu’il regardait, cette fois il l’a vu. Lui qui, d’habitude, ne sentait rien de différent de lui, a vu le train de ses pensées avec des yeux qui n’étaient pas les siens. Puis, c’est redevenu comme à son habitude, il pensait, absent, ou plutôt : ça pensait tout seul en lui. Mais des milliers de fois, et des milliers encore, l’homme a vu. Et non seulement cette pensée d’un soir, mais celles aussi qu’on dit « sérieuses », celles des savants, des artistes, des philosophes. Soudain, voir, cette sensation d’un oeil étranger au train des pensées, apparaissait comme née des limbes, avec des contours distincts, l’espace d’un clignement des paupières.
Puis, cela redevenait comme avant. On oubliait : on pensait. On y pensait même, on réfléchissait. On était de nouveau porté par l’immense flux des choses indistinctes dont on faisait soi-même partie sans savoir - sans rien savoir : ni qu’on n’avait jamais vécu, que la vie n’était pas encore née, ni que le temps était un mur traversable, et qu’on allait changer de conscience…
« Si le cinématographe peut pénétrer les flux des consciences au point de donner parfois l’impression qu’il les contrôle, surtout lorsqu’il devient télévision, c’est parce que la conscience est elle-même avant tout projection, tout aussi bien que montage et réalisation d’un flux temporel où les flux en quoi consistent les objets cinématographiques se coulent, s’écoulent, se moulent, et moulent en retour le matériau des masses de consciences auxquelles l’industrie s’adresse à travers eux. Car les marchés sont avant tout des consciences. Or, l’intégration des industries du symbole et de la logistique est ce qui permet, lorsque le cinéma devient télévision, un contrôle total des marchés en tant qu’ensembles de flux de consciences qu’il s’agit de synchroniser.
Cependant, une conscience est essentiellement libre, c’est-à-dire diachronique, c’est-à-dire exceptionnelle, singulière, irréductiblement mienne.
De cet état de fait qu’habite une contradiction explosive résulte un profond mal-être – un mal-être historique que l’on n’ose plus appeler une « époque de l’être », mais plutôt une épreuve du devenir vécu comme non-être, c’est-à-dire comme devenir-mauvais : comme néant.
Ainsi s’ouvre à nouveau la question du mal. »
La technique et le temps 3. Le temps du cinéma)
l’Homme a joué
tous les rôles ! »
Nous sommes entrés, irréversiblement, dans l’ère des périls extrêmes du fait humain. Le cyclotron du temps, où s’accentue la tétanie d’avenir, entraîne notre espèce vers son heure critique. Chaque jour qui passe réduit les « options » de notre « opsis » à une terrible alternative : MUTER ou DISPARAÎTRE. Muter, mais vers quoi ? Et comment ? Là, béant, s’ouvre en complexité le champ du futur. Pour autant cependant qu’il nous soit donné d’en examiner les profils, et de toute façon, le prix à terme de nos seules perspectives sera tragique : le prix de l’ex-orbitant.
En effet, par la force avec laquelle elles s’imposent maintenant à nos vies quotidiennes, les technologies hyperindustrielles de l’image et du son relèvent précisément d’un dispositif de destruction massive des consciences assujetties au programme de la marchandise, autrement dit à « du temps de cerveau disponible pour Coca-Cola », pour reprendre la terrible formule de Patrick Lelay, directeur de TF1.
Désormais source des profits les plus juteux, les images-sons qui pénètrent nos flux psychiques dans leur
immense majorité - mais que nous consentons d’abord à nous projeter nous-mêmes -, nous crèvent littéralement les yeux et les tympans. Aveuglés et assourdis d’exténuation devant leur non-sens et leur violence continue, nous devenons progressivement inaptes à former nous-mêmes les visages de nos vies. L’organisation de la cécité et de la surdité collectives a déjà pris le contrôle de la civilisation mondiale.
Mais ce n’est pas tout. Les progrès actuels de la technique et de l’industrie génétique, laissent également poindre à l’horizon du milieu de siècle la possibilité d’une industrialisation progressive de chacune des parties du corps humain, et par là-même d’une substitution extensive des fonctions organiques - notamment la fonction de reproduction - à celles, entièrement artificielles, issues des imminentes victoires de l’ingénierie médicale.
Ainsi, le couplage du contrôle technique, financier (et militaire) des flux audiovisuels avec celui des industries informatiques, robotiques et génétiques permet d’entrevoir pour un jour relativement proche que la quasi-totalité des idées, émotions, pulsions et structures organiques de la majorité des homo sapiens soit réduite au régime impitoyable de la marchandise à l’échelle planétaire.
La gravité de cette pente que nous suivons pour la plupart les yeux grand fermés, et que nulle intervention humaine ne semble aujourd’hui en mesure d’empêcher radicalement, signifie bien davantage qu’un « déclin » de la culture. Elle ouvre pour la première fois au regard non seulement la perspective d’une industrialisation sans limites du genre humain, mais surtout celle, proprement tragique, d’une robotisation sourdement consentie, inavouablement souhaitée, et en fait activement promue par nul autre que nous-mêmes…
Depuis plus d’un demi-siècle, nombre d’observateurs, écrivains et cinéastes,
ont commencé à anticiper et à dénoncer le danger de cette stratégie d’ex-orbitation de notre espèce : fabriquer une sous-espèce d’esclaves humains réduits à de l’engrais bio-mécanique, autrement dit à du papier-machine génétique sur lequel viendraient s’écrire les prochaines pages de l’histoire terrestre. Ainsi s’imposerait, sous couvert « d’intelligence artificielle », le spectre terrifiant d’une nouvelle domination de l’eugénisme fasciste : l’avènement du « Successeur » (selon Jean-Michel Truong), ou celui de la « Matrix »…
À l’inverse, les prophètes hyperscientistes voient le règne de la technique annoncer l’autodépassement conquérant de notre vieille humanité périmée au bénéfice d’une (sur)humanité « augmentée », « optimisée » jusqu’à l’inimaginable. Bravant les prescriptions éculées du vieux continent de la peur ancestrale à visage « humaniste » ou « religieux », nous passerions, selon eux, de ce vieux corps fallacieux que l’on dit « naturel » - mais en fait aliéné aux lois arbitraires et limitatives de la « Carte-Mère-Nature » -, à un corps véritablement « humain » en ceci que nous serions devenus les seuls « maîtres et possesseurs » des lois de sa programmation et de sa fabrication assistée par ordinateur. Serait alors et seulement « humain » ce corps « post-humain », entièrement artefactuel, idéalement sans frontières, c’est-à-dire potentiellement capable de subir des mutations aléatoires indéfinies. Dans cette nouvelle mythologie du futur fondée sur la primauté de l’art bio-industriel, toute la vie psychique se verrait elle aussi « reconfigurée », d’abord « purifiée », « sécurisée », puis « augmentée » et « optimisée », en vertu des « miracles » massivement reproductibles générés par le progrès perpétuel des manipulations génétiques, des techniques de greffes et d’implants neuro-chirurgicaux, toutes transformations nécessaires à l’avènement d’un cerveau planétaire actuellement en cours d’émergence « organique ».
Alors, auto-disparition ou auto-dépassement conquérant de l’humanité par elle-même ?
18:50 Publié dans l'effondrement du temps | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
29/05/2006
L'expérience nUe
17:55 Publié dans l'expérience nUe | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
L'effondrement du temps - pénétration 1
Le premier volet de l'effondrement du temps est paru au Grand Souffle Éditions !
Texte du quatrième de couverture :
pénétration I
Quand bien même l’aurais-tu pressenti dans la nuit de ta vie, tu n’aurais pas imaginé un instant que la fulgurante accélération des événements du monde n’emportait pas tes souffles vers une nouvelle époque de l’histoire, mais vers une mutation inouïe pulvérisant tes millénaires de certitudes fossiles. Car cette chose était folle, totalement inconcevable : ce fut, ce sera, et c’est l’effondrement du temps.
Et pourtant, venu du plus profond, tu étais cet enfant asphyxié dans le labyrinthe de la tragédie de la Terre, et tu cherchais, sans savoir, à respirer un nouvel air dans la conscience cardiaque des fissures de l’espèce.
Là, au centre du CRI, le virage t’avait pris comme un homme prend sa flamme, ce fut l’alerte du pas, le franchissement du mur, ceci, déjà, n’était plus un livre. Tu tenais, tu tiens entre tes mains les premières images, les premiers mots du processus : l’impensable Odyssée de la traversée du temps…
L'imp(a)nsable est l'auteur collectif d'un laboratoire des écritures-dés-emparées : des plasticien(ne)s, écrivains, poètes, cinéastes et philosophes ont mêlé le cri de leur métamorphose en un geste radical qui fait muter la philosophie en roman, le roman en une chirurgie sans anesthésie du théâtre et du cinématographe de la conscience, et cette cinégraphie sur papier de la tragédie humaine, en un acte poïétique qui perfore tous les genres de l’impasse temporelle.
Deux autres tomes suivront ce premier acte de la Trilogie. Ils incluront le DVD de l’effondrement du temps : un jour est égal à tous les jours.
À l’heure où chacun veut se faire un nom, perdant le nôtre dans le processus, nous n’avons pu nous résoudre à nous signer dans les lettres d’une identité invraisemblable.
11:50 Publié dans l'effondrement du temps | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note











