30/09/2005
1 - Ce qui désire-et-dénie se dire
Qu’ai-je à te, à vous dire oralement, si ce n’est ce qui dans l’instant de la rencontre de l’autre rend compte ? rend contre ? rend conte ? rendez-vous ? me rendre conte…
L’Oralité : les mots qui de la chair du souffle s’exhalent, telle la vapeur d’eau du dedans/dehors-rencontre de la chair des mots bruissant au-dehors vers toi-vous, vers. Ce versant alors de la langue par les lèvres que le souffle souffle — à l’oreille, au tympan, à l’écoute. L’écoute ? entendre ? se com-prendre ? Ah ! l’oralité, quand les mots, cris et gémissements du souffle de – se sortent de ce lieu du “moi-chair” qui se dit, informe, reçoit et comprend ou mal-entend ? mal-dit ?
Vaste possible des possibles de l’oralité ! L’Oralité, ce peut être se parler à haute voix, donner la voix, s’entendre dire. Oui parler, laisser ce que la voix des mots de son souffle, de sa vie veut “quelque part” entendre dire. Parler pour formuler, donner formes verbales aux sensations. Impressions, idées qui désirent ? veulent ? doivent ? - dire ?
Nous sommes de ces lieux qui ont nécessité de discuter comme de manger dormir copuler… Mais DIRE ?
Cependant, ce qui caractérise la vie humaine au quotidien, n’est-ce pas depuis notre naissance le “non-dit” oral ? Si nous avons appris à parler, nous avons surtout subi le bruissement ( ?) le bruit des mots de l’autoritarisme de “nos proches” ? “re-proches” ? avons donné “notre langue-au-chat” plus que parlé, dit par notre langue. Et quand nous donnons notre langue, si nous sommes attentifs, à l’écoute de nos mots, ne sont-ce pas les maux de tous qui nous traversent ?Ne sommes-nous pas traversés de ce “savoir anal”-véhicule de l’interdit de dire autre-chose autre-ment que l’entendu-déjà ? C’est plus ainsi que je-nous vis au quotidien, au pays généralisé du cancer du “non-dire” !
L’Oralité ! L’Or-alité : là l’Or du dire cherchant à s’extraire du lit de la pensée-souffrance, à sortir érigé de la lie des mots - aller à l’aurêka !
L’Oralité, donc, comme convention des informations du désir, du rendu de plaisir/déplaisir ? Commerce psychique ? biologique ? ni plus ni moins la pensée instinctive, convenue, des gémissements civilisés de la bête ?
Constat dans nos vies du matin au soir ; le si peur de dire oralement ce qui s’éprouve-épreuve, se prouve par la preuve du dire qui… sur-prend la suspension du “non-dire”, « non-dire » où, quelle que soit l’appartenance (sociale, raciale..), gît le nœud de la violence, du meurtre, ni plus ni moins ! Quand dire entre nous, là, maintenant, engage la réponse qui délie, délivre du poids de ce qui ne s’est “jamais” dit.
Mais qu’est-ce qui ne s’est jamais dit entre nous ? À bien re-garder, c’est-à-dire : à re-donner, c’est le don de dire ce “qui” retient. Aller à l’épreuve du “qui” de rétention nous montre prisonnier/geôlier-victime/bourreau…
Quand l’Or-alité du temps de nos sous-vies s’impose de tracer au diamant de l’urgence, du cri, l'écri dans l’air sans traces de l’espace… juste s’extraire vers toi-vous se donne ce qui nous retient dans ce qui se dérobe, et nous fait re-lation, latence, lactance de nous soudain noyés dans une écriture des gestes : saisies-désaisies des empreintes et emprises psycho-physiques. “Comme si” la pensée qui ne s’oralise pas se tenait en retrait, faisant re-prise prison d’un son “non-dit”. Alors l’injure le parjure et toute la jurisprudence de notre infirmité collective à ne pas voir comment penser en retrait se garde, ne se-regarde-pas, ne se-pense-pas, ne-désire-pas, désire-ne-pas-penser-autrement-que dans les coursives bruyantes, boues, infections de nos isolements.
Oui : rayer la vitre de l’isolement par le diamant des cris dans la crise du “non-dit”, où se perpétue le temps du viol. Car la pensée ne fait-elle pas mémoire de pensée de viol, violence, déni contre. Contre “qui-quoi”, me direz-vous ?
Contre ce qui est l’émouvant mouvant du fait sans.
Impossible me direz-vous ?
Oui, j’entends toutes les phrases du désir-et-déni qui empèsent-empâtent nos bouches, nos trous de langues remplis des syntagmes du REFUS — car n’ai-je pas éprouvé dans l’Oralité depuis la naissance ces phrases toutes-fabriquées que tout le monde pense ? Comme si le monde n’était qu’un savoir des phrases du refus de dire, de s’entendre dire…
mais :
- Toute vérité n’est pas bonne à dire !
- Si la vérité est de dire ce qui se refuse, alors voilà l’éprouvé que j’éprouve de cette vérité !
Réaliser-que-de l’université du savoir à ses applications technologiques, jusqu’au troquet du coin où Pierre et Paulette boivent un “canon”, ça pense tout seul dans des milliards de corps la pensée du refus par les mêmes phrases : le refrain du refus !
Oui, l’Oralité est dangereuse pour ce “non-dit” – qui, si la parole veut se dire, est menacé qu’on lui arrache la langue, les dents, la bouche, le corps. Vous voici alors menacés de mort pour dénonciation du viol — VIOL ?
- oui
- mais qui viole qui-quoi ?
- la pensée se violant par l’acte-de-penser-en-puissance qui bouleverse les phrases toutes faites, prêtes-à-porter-à-dire-et-à-entendre. Non pas dire et entendre, non ! maugréer et “parle à mon cul ma tête est malade” — or : bouleverser les références intellectuelles les plus convaincues d’être les seules pensables. Quand, dans l’Oralité, vous êtes convoqués à dire ce que le monde-de-vous se refuse, c’est l’épreuve de face. C’est pourquoi la fillette qui se fait violer ne peut parler, car n’est-ce-pas toute la famille qui porte le supplice-du-refus, où le désir-de-penser de concert et le désir-de-pouvoir jouir de l’autre sont menacés ? C’est-à-dire : les sens du devenir de la pensée-instinctive-et-des-sommets-de-l’intellection ! Ce refus qui, de systèmes en anti-systèmes, fabrique le bouclage, éloigne par “transcendance”, ou par certitude d’“innocence”, d’une pensée-dans-la-vie-du-corps.
Quand ce “qui” étouffe dans la cage avec fond ou sans fond — fini ou infini —, quand l’asphyxie est telle qu’il y a EXPLOSION-du-CRI, alors :
là, seulement, nous sommes seuls, sans l’autorité extérieure des phrases-du-monde et, dans le chaos, la bouillie, l’extrême frustration, s’impose : écrire ! Écrire comme, ici, se pro-dit, se prodigue espace, où se trouent “les phrases” par la puissance de l’impossible — c’est tout autre que rendre ce possible du tâtonnement dans/hors les universités du savoir ou les troquets du coin..
Une plus grande solitude inaugure, s’augure. L’augural du guttural é-cri(t) de la Voie, ici.
14:55 Publié dans de l'oralité à l'écriture | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
Notes sur le cinématographe - 1
Les frères Lumière portaient bien leur nom ! Ce ne sont pas tant les images qu'ils ont découvert mais le projecteur et le fait projeté : la lumière ! Il n'y a pas d'image sans lumière, mais il y a selon nous la lumière sans image.
Le mouvement est la lumière dans et entre les images et les sons. La pratique de la caméra peut, par notre concentration dans l'oeil, nous rendre sensibles à pénétrer l'image jusqu'à ce qui la fonde, c'est-à-dire la fronde des photons qui informent le déplacement des lignes...
La psyché est structurée telle une grammaire d'images et de mots, c'est pourquoi le cinéma est une affaire politique de la re-présentation pour orienter, manipuler les rêves manipulant la psyché mondiale. Ce qui s'appelle se faire son cinoche ! Garder sous hypnose pour la mort du peuple, c'est aiguiser son désir dans une complexité d'histoire que seule la mémoire et son trauma s'ingénient à entretenir. Hollywood, mais aussi toute l'industrie mondiale, est l'immense laboratoire qui permet de mieux convaincre le rêveur que son rêve est la réalité. Or, chaque jour aux sorties de nos nuits, nous pouvons expérimenter que nous nous réveillons hors des rêves... Tandis que l'art de la poiésis cinématographique se fait science-de-la-vision en connaissance de cause des différents modes de structuration des images et des mots. De cette connaissance des modes, le poète du cinématographe produit un film susceptible de nous réveiller et de nous déprendre des rêves diurnes. Pour cela, le cinéaste et le spectateur doivent se laisser faire voyants et non penseurs !
Le cinématographe comme art de l'esprit : ses états de métaphore, de trans-port. Oui l'image et le son en tant que barque pour l'aveugle qui vogue sur le mouvement de la distance à parcourir... ? Laisser la barque de la métaphore en pleine mer, et ne vous voilà t'y pas en pleine lumière ?!
Un art du temps, le cinématographe ? Non, un art du mouvement. car le commun confond le temps de la pensée de l'image et du son — et donc de la mémoire — avec la puissance de l'écoulement du mouvement qui est simple sensation. Sensation sans images et sans mot, me direz-vous ? Selon nous l'image et le mot seraient une capture de la pensée du mouvement dont la poiésis peut dire qu'elle se déprend.
Le cinématographe peut être un rituel de passage des yeux à l'oeil, de narcisse à l'eau sans mirage !
14:50 Publié dans notes sur le cinématographe | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Apories de passage - 1
L'image est une illustration privative de la Puissance-vivante qui. Elle ne peut s'enclore dans une empreinte bien qu'elle fasse signe sans laisser de trace.
Le sens absente l'absence de la présence qui ne se re-présente pas !
Le possible impossible de la mort s'éprouve à chaque instant du fait que l'Acte-de-vision foudroie la pensée-cadavre.
- c'est-à-dire ?
- que
14:50 Publié dans apories de passage | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Désacraliser la mémoire !
Laboratoire de l'Acte-d'écriture poussé aux limites, aux confins du "moi" basculant dans le Vide-de-la-puissance — la solitude d'où les mots et les images bruissent et se dé-livrent de la tyrannie des significations de la "pansée-de-sens" ou "pansée-de-déconstruction-du-sens". LA — où l'écriture dans l'espace artistique nous réalise comme guirlande des lettres et des images ouverte au vertige de l’impansable ! Ouvert au Vivant-non-savoir !
14:45 Publié dans en traversant la raison et l'irraison | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



