13/01/2005
La raison est mort(e) !
Nous ne pouvons retenir plus longtemps la petite phrase lourde et légère de conséquence : la raison est mort(e) !
Quand la science se voit menacée par le peuple qui ne reconnaît plus sa légitimité, alors celle-ci, sous ses habits de sainte-raison à blouses blanches, envoie ses apôtres dans les médias et les écoles pleine de cerveaux disponibles pour nous culpabiliser d'avoir cédé aux tentations de l'obscurantisme et de l'irrationnel. A s'y méprendre, se réitère sous des dehors de scientificité, les comportements autoritaires et théocratiques des institutions religieuses (de jadis).
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Nous ne voyons et décryptons, dans les données sémiologiques et rhétoriques de la science (c'est-à-dire d'un groupe humain), qu'un logocentrisme (raisoncentrisme) et un transcendantalisme où la raison remplace "dieu", et où le signifiant d'irrationalité renvoie au signifié du "diable". Il y a là un déplacement sémantique habile du même dans la différence, autrement dit ce désir de pouvoir de l'un sur l'autre qui, sous des habits "nouveaux", abrite les archives de la réitération. Sous prétexte de nous avoir offert — chantage ? — notre petit confort au quotidien et de nous assurer une plus longue vie physique, elle voudrait nous imposer un comportement moral qu'elle-même, à bien y regarder, ne remplit pas. Est-ce cela qui lui donne droit de nous obliger à penser notre vie dans le credo de l'analyse et du progrès ?
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Qu'est-ce que l'irrationnel, cet épouvantail que brandit la raison scientifique (dont nous sommes tous porteurs, il est vrai) ?
Au fond, qu'est-ce que l'irrationnel ? qu'est-ce qui est quoi — irrationnel ? Au fond, par qui ou quoi serions-nous habités, voire possédés, et que seule la Raison nous en protégerait, comme hier la croyance en "dieu" ?
En surface, qui est quoi de cette raison qui aurait le bon droit de nous prescrire son remède ?
Mais, voyons plus profondément : qu'est-ce à dire quand le mot "irrationnel" sort d'une bouche ? N'y a-t-il pas dans la valise des re-présentants du mot les images d'une menace extrême ? Mais qui ou quoi sommes nous lorsque nous sommes irrationnels ? et qui sommes nous quand nous sommes rationnels ? Je pose la question : au fond, quels sont les présupposés et les conditions de possibilité pour établir le champ de définition de l'irrationalité, et par là même, celui de la raison ? Un philosophe me rétorquerait de relire "La critique de la raison pure" de Kant ! Et c'est bien parce que cette critique nous pèse encore que je questionne de façon elliptique — et à nouveau !
Mais au fond, qui ou quoi de l'irrationnel, si ce n'est... si ce n'est ? si ce n'est... la porte ouverte... au meurtre.
Mais le meurtre est-il le privilège exclusif de l'irrationnel ?
(la raison ne se révolterait-elle pas contre un tel aphorisme ? ne serais-je point passible d'ouvrir la porte à... la raison ?)
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Le rationalisme et l'irrationalisme, ne sont-ce pas l'envers et l'avers d'une même errance dans la nuit de l'ignorance ?
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Qu'est-ce que la raison qui se sentirait menacée ? Est-ce bien raisonnable ?
10:36 Publié dans en traversant la raison et l'irraison | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note




Commentaires
Ah!!! Voilà du vraiment nouveau!!!
Mais..... où..... et...... dont or ni car ?
Mes conjonctions de la coordination!!!
AAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH...
A dieu, au diable la grammaire quand tout s'effondre
Vieille si vieille.....
Qui que quoi dont ou veille alors ?
si "je" n'est plus....;qui suis-je???????????????
Ecrit par : amal | 04/01/2005
"l'envers et l'avers d'une même errance dans la nuit de l'ignorance" ? Est-ce bien raisonnable, quand les fous sont parfois plus sages que tous les sages réunis, et qu'un simple en habit de benêt vous donne une réponse, qui quoi que partielle, vous permet d'avancer plus qu'aucun livre ne l'a jamais fait ? Sortons de la culpabilité morale qui pèse sur nous depuis que ce nom de "Dieu" est né, pour nous rejeter dans un "satanisme" qui n'existe pas plus que le reste ! Moi j'adore, quand on me dit que ce n'est ni l'un ni l'autre qui sont la vérité, mais quelque chose qui peut être est déjà là, là où la raison est morte, tellement criant de vie qu'on n'ose le nommer. Serions-nous si vieux que nous en oublions la joie de ne plus savoir ?
Ecrit par : sylvaine | 05/01/2005
Irrationnel (?) contré par croix brandie- délire de ma raison de fantômes peuplée- spectres échappés du cloître de mes terreurs infondées de l'instant advenu
refuge de mon subliminal refus
raison apeurée de son ombre- menace de révélation à la lumière du jour de ses funérailles-
déraison intentée aux angoisses insaisissables de ma raison en peur de perte- confrontée au vide de l'Irraisonnable, s'insurge en oraison menaçant de camisole en asile enchaînée
Négation effrayée de l'Absent en présence convié
tais-toi donc ma folle raison, tu Vois bien que tu as tort!
Ecrit par : camélia | 05/01/2005
Ni ceci ni cela, ni l'idée ni son contraire, ni certitude ni incertitude ???!!.... Tout tourne, virevolte... où suis-je ??
Serait-ce le point de contact pour sortir de l'errance souffrance d'une raison irraisonnée en peur de réel ?
Ecrit par : clotilde | 17/01/2005
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