06/10/2005
Apories de passage - 5
Lire un texte, n'est-ce pas prendre ombrage, éprouver une blessure non-avouable du fait que le texte ne pense pas comme nous désirerions qu'il pense ? Quand nous lisons, ne réagissons-nous pas impulsivement à ce qui va contre notre pensée du moment ? Ne serait-ce pas une question de vie ou de mort ?! Attaqués, nous nous défendons par une contre-attaque de pensée. Les écrits sont autant de coups de canon sur un champ de bataille où les lecteurs et lectrices se vivent en ennemis. Les guerres ne sont-elles pas déjà dans nos bibliothèques ?
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Le non-lu de nos lectures est en exacte correspondance avec notre incapacité à nous lire dans ce qui se refuse à la lecture ; d'où le jugement réactif qui oblitère le contexte concret du texte. Ce qu'il dit ne dérange-t-il pas ce que nous pansons déjà de ? Pourquoi ne pas nous avouer que toute expérience est expérience de la limite de notre pensée face à ce que nous ne désirerions pas qu'elle pense ?
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